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Edito

Souffler le chaud et le froid

On se demande si en viticulture la seule certitude qui vaille est de ne jamais en avoir. Quand on plante une vigne en appellation, on considère que celle-ci est un investissement de long terme, un cépage adapté à son sol et à son climat comme nos aïeux nous l’ont démontré depuis des siècles. Et en moins d’une décennie, on doute et on redoute que le vignoble soit si fragile pour ne pas espérer de lui une récolte régulière et généreuse. Aujourd’hui, l’enjeu de l’évolution climatique impacte directement le Muscadet et ses domaines avec un cépage unique, précoce, qui fait sa typicité, son style et son lien au terroir mais fragile face aux yoyos des températures de printemps. Au-delà des accidents climatiques, c’est tout le métier qu’il faut réinventer pour protéger sa récolte et son modèle économique avec un arsenal d’alternatives à la vigne, à la cave, à la banque. Mais si les certitudes vacillent, les convictions sont fortes. Celles qui combattent le fatalisme pour réagir et agir. La vigne est tributaire de son environnement, elle est néanmoins conduite par le savoir-faire du vigneron. Et en la matière, ses ressources sont inépuisables. En chef d’entreprise, il prépare l’avenir en optimisant son mode de culture, en identifiant les systèmes de protection les plus adaptés, en valorisant sa production annuelle et son stock et en diversifiant ses débouchés et sa gamme. L’idée n’est pas de lutter contre la nature mais d’en tirer le meilleur parti sans avoir constamment le besoin de souffler le chaud et le froid.

L’équipe de rédaction de la Fédération des Vins de Nantes.