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Edito

L’œnotourisme , une expérience à souvenirs

Quand on écoute Atout France, l’organisme de tourisme qui vante les atouts de l’hexagone à travers le monde, l’œnotourisme sonne comme un eldorado économique pour les entreprises. La multiplication et la professionnalisation de l’offre, associées aux prises de paroles des territoires viticoles, confirment une tendance lourde des pratiques touristiques. Pourtant, est-ce sur le fond le besoin viscéral des touristes d’aller à la rencontre des vignerons ou plutôt celui de vivre une expérience singulière, privilégiée, authentique à la fois naturelle et si profondément culturelle  ? En effet il n’existe pas à proprement parler, ou alors très rarement, de motivations des touristes pour une destination viticole. Elles se déterminent par des offres concrètes souvent innovantes bien au-delà de la simple dégustation. Et en la matière, les vignerons ont tout sous la main et ne manquent pas d’imagination : des balades dans les vignes en trottinettes électriques, des guinguettes chics, des séances œnologiques d’assemblage jusqu’à la nuit en tonneau. Mais ne nous trompons pas, si la filière viticole a parié sur la diversification de son activité, ce n’est pas juste pour créer des souvenirs aux vacanciers, mais bien pour générer de l’image et des ventes additionnelles et in fine de la valeur ajoutée aux entreprises. Donc avant de s’aventurer dans cette activité à la mode, il faut s’assurer qu’au bout du compte, l’ambition est bien d’accroître sa rentabilité. Comme le déclarait avec provocation amusée David Martin du cabinet Ted Conseil, expert en tourisme, invité lors d’une conférence organisée à Vallet par l’office de Tourisme du Vignoble de Nantes : « On peut faire décemment les poches d’un touriste, surtout quand il considère que c’est pour son plaisir. »

L’équipe de rédaction de la Fédération des Vins de Nantes