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Edito

Déboussolé

Après un week-end printanier où on avait ressorti les barbecues, une vague de froid polaire s’est abattue du 1er au 4 avril sur notre vignoble et une bonne partie de l’hexagone. Sur tous les radars, dont celui de l’agro-climatologue star Serge Zaka, les gelées étaient annoncées. Les vignerons résilients et combatifs se sont mobilisés pour protéger leurs jeunes bourgeons sans malheureusement pouvoir sauver tout le magnifique potentiel de la récolte 2022 abîmée par les températures négatives. Si on ajoute à ces inexorables conséquences du changement climatique, l’instabilité de son environnement social, sanitaire, économique et géopolitique, on peut vite perdre pied ou baisser les bras. Les nouveaux repères semblent ceux des équations à plusieurs inconnues. Les baromètres indiquent les conditions, les analyses le diagnostic et les boussoles le cap. Et après ? Sidération et défaitisme ou rebond et action ? Les crises accélèrent les mutations et provoquent parfois des mini-révolutions. L’inflation généralisée des coûts de production avec l’incertitude des rendements, la « mode » mondiale des vins blancs secs combinée au gain d’image du Muscadet devraient constituer, au moins dans un premier temps, quelques réactions : celles de mieux valoriser ses vins et mettre enfin au bon niveau de prix le fruit d’un travail sensible et artisanal. Le vigneron a encore la main. Déboussolé par le yoyo des degrés mais guidé vers la valeur méritée !

L’équipe de rédaction de la Fédération des Vins de Nantes