Planter aujourd’hui les cépages de demain

Mickaël Arnoux (tee-shirt clair) et l’équipe pédagogique de Briacé à l’origine de la plantation du nouveau conservatoire des cépages.
Au lycée de Briacé, au Landreau, l’avenir de la viticulture se joue dès aujourd’hui. Fin mai, près d’une trentaine de cépages hybrides ont été plantés. Cette collection à but pédagogique permettra aux étudiants en viticulture d’évaluer les cépages qu’ils cultiveront demain. Le point avec Mickaël Arnoux, coordinateur technique viticole à Briacé.
« Le lycée possède déjà un conservatoire des cépages, planté il y a 15 ans. Il abrite 47 variétés, mais uniquement des vitis vinifera cultivés en France. Il y a 3 ans, j’ai commencé à travailler sur un projet de collection d’hybrides. Il y a de nouveaux cépages qui arrivent et l’idée est d’apporter à nos étudiants une collection qu’ils peuvent voir, expérimenter, qu’ils apprennent à reconnaître les cépages, étudier comment ils se comportent, voir leurs inconvénients aussi. On veut vraiment amener du concret dans nos formations. Et cela s’inscrit aussi dans la transition écologique de l’exploitation dont les 20 hectares sont aujourd’hui en bio.
L’implantation de cette collection se fait sur 2 ans. Cette année, nous avons planté 28 variétés. Il y a celles des programmes Resdur 1 et 2 : floréal, voltis, artaban, vidoc et sirano. Il y a aussi des hybrides comme le rayon d’or, le seyval, le chambourcin ou le landal et des variétés italiennes comme le pinot kors et le pinot korus. Nous allons aussi implanter d’anciens hybrides qui ne sont plus autorisés mais pour lesquels nous avons un statut de conservatoire expérimental. Certains ont quasiment disparus et ne se trouvent plus que chez quelques particuliers, comme le bertille seyve. On a fait un gros travail de sélection, on les multiplie et on les réimplantera. C’est le cas aussi pour la cuisse de bergère qui est actuellement en pépinière chez moi et que l’on plantera à l’automne. Il donne un vin peu chargé en alcool, avec peu d’acidité mais à consommer rapidement. L’année prochaine, nous ajouterons de nouvelles variétés allemandes et suisses. Au total, nous aurons jusqu’à 70 variétés sur 30 ares, avec des porte-greffes adaptés à leurs caractéristiques. On a ainsi du 3 309, du gravesac, du SO4, du 1103 polsen, etc. Comme nous avons 12 pieds par cépage, nous pourrons faire des micro-vinifications. Sur un même contexte agronomique et pédologique, nous allons pouvoir comparer les vins, voir ceux qui pourront être intéressants pour le vignoble nantais. Ce ne sera pas pour notre génération à nous, membres de l’équipe pédagogique, mais pour les vignerons suivants. »